| Portraits par Félix Giuglard
Cartes photographiques des années 1900.
(Collection de Marc Bargier)
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Merci à Marc Bargier de m'avoir confié ces portraits de famille. Amoureux de Marseille cet acharné, et averti, collectionneur de trolleybus (mais oui!... voyez son blog http://trolley013.skyblog.com/index.html), a eu aussi la bonne idée de regarder dans les albums de sa grand-mère et y a retrouvé des clichés, réalisés par Félix Giuglard, boulevard National, probablement entre 1895 et 1905.
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| Toutes les vignettes sont cliquables. |
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Du format des cartes à jouer.
La notoriété locale des Detaille, famille marseillaise lancée dans la photographie par le vieux Nadar, a souvent éclipsé les noms d'autres photographes professionnels, tant artistes qu'artisans, qui pourtant n'ont pas manqué à Marseille. Pour obscurs qu'ils soient restés, leur travail de portraitiste n'en était pas de moindre qualité.
À partir des négatifs, on tirait des épreuves en petit format qu'on collait ensuite sur des cartons de 105 x 65 mm. Ce sont à peu près les dimensions d'une carte à jouer. En voici quelques exemplaires.
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Les belles robes à smokes.
Ils ont mis leurs habits de fête. De leur campagne des Pennes Mirabeau, sur les hauteurs de Marseille, ils ont pris la patache publique qui les a emmenés en ville, vers Arenc ou La Joliette, pour prendre ensuite le tramway à cheval, jusqu'au boulevard National (après 1905, les tramways électriques desserviront jusqu'aux banlieues reculées). Ce sont des gens simples, et la visite au photographe est tout un événement. De la grande armoire de leur chambre, aux odeurs de cire et de lavande, le papé et la mémé ont sorti ce qu'ils ont de plus beau. Mère et fille ont relevé leurs longs cheveux en couronne et se sont parées de leurs belles robes à smokes. Le charmant portrait de la jeune fille, en bas à droite, est le plus ancien de cette série.
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Au verso, le photographe faisait sa propre réclame. Ainsi, comme ses confrères, Félix Giuglard outre ses coordonnées y indiquait ses mérites photographiques et cette injonction destinée à la pratique : "Pour poser, venir de 10 heures à 3 heures en hiver, et de 9 heures à 4 heures en été." Aujourd'hui, nous avons depuis longtemps oublié de quel luxe de précautions le photographe en studio devait entourer sa prise de vue, encore au début du XXe siècle. Pourtant, et c'est bien tout l'art du portrait, les visages ne sont pas crispés, les physionomies sont naturelles et expressives.
Sur le cliché du groupe familial, réuni pour la première communion du petit, le cadrage manque un peu "d'air", comme si le photographe avait eu du mal à faire tenir tout son monde dans le champ. Ce n'est pas le cas des portraits individuels, traités, selon la convention de l'époque, en nuage. Ainsi le sujet était comme abstrait de tout environnement. Au moins gagnait-il en spiritualité ce qu'il perdait de réalisme!
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Envers des cartes. Le tramway que Félix Giuglard voit passer devant son atelier, est d'abord à cheval, puis électrique. Ce détail permet de dater les cartes avec certitude. L'électrification du réseau intervint au boulevard National vers 1902. Enfin, on remarque partout la marque du célèbre maître cartier B.P. GRIMAUD ou B.P. GRIMAUD-NACIVET, PARIS.
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