Le fort Saint-Nicolas, ou fort d'Entrecasteaux, du nom d'un amiral né en 1737 et parent du bailli de Suffren, dresse à l'entrée du Vieux Port ses remparts, bastions et courtines. Construite en 1660 par Clerville et Vauban sur ordre de Louis XIV — qui se méfiait de Marseille et de sa volonté d'indépendance à l'égard du pouvoir central — la Citadelle avait pour fonction de surveiller la ville autant que de la défendre. |
Pendant des décennies, ses abords ont été peu à peu abandonnés, formant une sorte de friche militaire. Depuis peu, les promoteurs immobiliers s'intéressent à son sort. On construit sur ses marges parkings et hôtels de luxe. Il paraît que les Marseillais les trouvent laids, ces vieux remparts, imposante survivance de la lutte de Marseille contre la monarchie - pourtant ils ont leur charme... ne serait-ce que celui de leurs 350 ans. |
|
 |
 |
Comme le montre cette gravure, la Citadelle bornait la ville à l'ouest, et c'est seulement dans la 2ème moitié du 19e siècle que celle-ci s'étendit vraiment vers les Catalans et Saint-Lambert. Le boulevard du Pharo, auquel on donna ensuite le nom de Charles Livon, reliant le quai de Rive-Neuve à l'anse des Catalans, fut ouvert en 1862. Il coupe la haute forteresse du bas fort Saint-Nicolas. |
|
 |
 |
La Citadelle St-Nicolas, sur un plan extrait de la France Pittoresque, 1835 (coll. privée). |
Le boulevard Charles Livon percé en 1862. |
Le fort, vu de l'esplanade de la Joliette. |
 |
 |
 |
Louis XIV entre dans Marseille. « Le 2 mars 1660, Louis XIV suivi de la reine, de Mazarin et de toute la cour, se mit en route pour arriver le soir même à Marseille où les commissaires avaient déjà répandu la consternation par leur sévérité : Mazarin l'ayant traitée en ennemie, il avait voulu donner à la ville l'allure d'une place conquise. Tout près de la Porte Royale, il fit donc faire une brèche dans les murailles. Et c'est par là qu'il fit entrer le roi... [Mais] ce qui affligeait surtout les Marseillais, c'était la construction de la citadelle Saint-Nicolas... »
Honoré Bouche, Histoire chronologique de Provence, 1664, cité dans Histoire de Marseille en 13 événements, ouvrage collectif (1988).
|
|
| Vues sur les jardins du Sofitel et, au-delà sur le quai du Port. |
Ce qui fut une porte avec pont-levis. |
Le haut fort vu de Notre-Dame de la Garde. |
 |
 |
 |
Marseille port franc. Sur le conseil de Mazarin, Louis XIV avait fait en sorte d'humilier Marseille, imposant même à ses habitants de loger une garnison qu'il fallut cependant retirer au bout de deux ans, tant elle les avait exaspérés par ses excès. Colbert, lui, avait compris le bénéfice que le pouvoir royal pouvait tirer d'un regain de prospérité du premier port du royaume. Un édit rétablit Marseille dans son statut de port franc, en 1669. On en trouve chez l'historien marseillais Amédée Boudin le commentaire suivant : «Les étangers n'eurent plus à craindre de voir priver leurs familles du fruit de leurs talents et de leur industrie. Un mariage avec une fille de la ville, l'acquisition d'une maison, ou la simple habitation pendant douze ans, leur donnaient les mêmes droits qu'aux naturels du pays.»A. Boudin, Histoire de Marseille (1852), p.444. |
 |
 |
L'entrée du port de Marseille |
|
 |
|
 |
|