| Un train blanc en 1912
Collection de plaques positives datées des 18 et 19 septembre 1912.
|
 |
Très tôt, dès la fin du 19e siècle, on appela trains blancs les convois ferroviaires qui transportaient spécialement les pèlerins vers Lourdes. Témoignant selon les uns de la vivacité de la foi chrétienne, selon les autres, plus prosaïquement, de la réussite touristique et commerciale d'une petite ville du Sud-Ouest, ils transportèrent des centaines de milliers de passagers. Pourquoi blancs ? Pour la tenue blanche des infirmières qui accompagnaient malades et invalides ? Ou bien pour la naïve candeur de ces foules qui n'espéraient plus qu'en un miracle ? Un photographe, parmi d'autres, s'appliqua en 1912 à rendre l'atmosphère de l'un de ces pèlerinages, qui amenait probablement des voyageurs d'Italie ou de Nice vers Lourdes. Son voyage passait par Marseille, c'est pourquoi il trouve ici sa place.
|
|
Palace-Hôtel de La Réserve.
Cette jolie vue a été prise de la terrasse du plus célèbre et spectaculaire des derniers grands hôtels et restaurants de Marseille. Elle montre la route de la Corniche à l'endroit où elle borde l'anse du Prophète. Celle-ci est encore un petit port de pêcheurs, abrité de la houle derrière une jetée curieusement reliée à la rive par une passerelle métallique. Ce dispositif, qui ménage un chenal destiné sans doute au drainage du port, n'empêchera pourtant pas l'ensablement qui, en un demi-siècle à peine, transformera le port en une plage, très appréciée d'ailleurs. Plaques positives 100 x 85 mm - 18 & 19.09.1912 Collection privée. - Reproduction interdite.
|
 |
|
 |
Il était impensable que nos pèlerins, faisant étape à Marseille, ne se rendissent pas à Notre-Dame de la Garde. Ils en ramènent cette vue, dans laquelle le photographe les prend en instantané, sur fond de panorama à la fois urbain et marin. Ce qui est devenu un poncif du genre ne l'était sans doute pas encore... On distingue bien, en arrière-plan, le pont du vallon des Auffes et le clocher de St-Eugène, l'église d'Endoume. Plaques positives 100 x 85 mm - 18 & 19.09.1912 Collection privée. - Reproduction interdite.
|
|
Les nombreux arrêts permettent aux voyageurs de se dégourdir les jambes... |
...de faire des provisions d'eau... |
 |
 |
 |
 |
 |
| Cliquez sur la vignette... l'agrandissement vous réserve une jolie surprise. |
L'arrivée à Lourdes. |
...et de poser pour le photographe. |
|
| Bourgeois et prolétaires.
|
|
 |
La photo "Marseille avant le départ" et l'une des photos de halte montrent à quel point une démocratisation des apparences a marqué le 20e siècle. Plus que la rue où se brassent les costumes, le train met ici en évidence le fossé profond qui sépare les classes sociales, de façon caricaturale, même. Aux haltes du train, le photographe a centré sa vue sur nos pèlerins. Ce ne sont pas de grands bourgeois, mais des ecclésiastiques bien vêtus et des dames élégantes (les messieurs ont posé séparément !) qui voyagent en seconde classe, et non en 3ème avec le populaire. Mais avant le départ de Marseille, il fait entrer dans son cadre un groupe singulier : un balayeur, des portefaix, sans doute, un chauffeur, peut-être, en somme les petites gens sans qui les trains ne rouleraient pas. |
 |
Marseille, avant le départ, gare Saint-Charles. |
Une des nombreuses haltes. |
|
Marseille, avant le départ, gare Saint-Charles (loupe). Ils regardent, comme intimidés, ces passagers qui ne sont pas de leur monde. |
 |
 |
Une des nombreuses haltes (loupe). L'ouvrier du chemin de fer - dit-on déjà "cheminot" ? - passe modestement dans le fond du décor, dans la marge. |
|
|