Alfa, auffes, auffiers. On devine l'importance que put prendre le travail des cordiers et de la sparterie dans un port tel que Marseille. Les matériaux de base pour ces fabrications étaient le chanvre (le canebe qui a donné son nom à la Canebière) et l'alfa. Le chanvre, semble avoir été plus utilisé pour les cordages de marine, et l'alfa pour la sparterie et la vannerie. L'auffe ou alfa, selon Littré, est une « espèce de graminée (...) dont on se sert au Levant pour faire des cordages de navire, des nattes, des filets... ». Originaire d'Afrique du Nord, son nom arabe est halfa, alfa, auffa, ou auffe en langue d'oc et en français. Les auffiers étaient donc les artisans qui travaillaient la fibre d'alfa pour fabriquer cordages, paniers et articles de vannerie. Il faut croire qu'ils étaient nombreux à s'être installés au « vallon du Roy », qui prit au XVIIIe siècle le nom de l'artisanat qui s'y était développé, les Auffes. Dans son Évocation du vieux Marseille, André Bouyala d'Arnaud note qu'existait aussi une rue des Auffiers dans le quartier dit « derrière la Bourse », lequel fut démoli entre les deux guerres, et demeura longtemps après à l'état d'immense terrain vague : « C'est à la fin du XVIIe siècle qu'elle devint rue des Auffiers, des marchands de sparterie (du provençal aufié, aufo) s'y étant établis. » [Les Éditions de Minuit, 1959.] |